(Paralysie du sommeil)
est une parasomnie selon la Classification internationale des troubles du sommeil, qui se caractérise par le fait que le sujet, sur le point de s'endormir (paralysie hypnagogique) ou de s'éveiller (paralysie hypnopompique) mais tout à fait conscient, se trouve dans l'incapacité d'effectuer tout mouvement volontaire ou avec un extrême effort. Une fois un mouvement effectué, la victime reprend une maîtrise totale d'elle-même. À cette sensation d'immobilisation sont couramment associées des hallucinations auditives, sensitives ou visuelles ainsi que des impressions d'oppression, de suffocation, de présence maléfique et de mort imminente. Le sujet, dans l'impossibilité d'articuler les sons et de prévenir l'entourage, éprouve le plus souvent un sentiment d'anxiété et de frayeur.
Ce trouble du sommeil est dû à des intrusions du sommeil paradoxal et de l'absence de tonus musculaire qui l'accompagne lors des transitions entre veille et sommeil. Relativement fréquente dans la population générale, la paralysie du sommeil apparaît généralement chez des personnes dépourvues de tout trouble clinique. Elle peut cependant être aussi l'un des symptômes de la narcolepsie.
La paralysie du sommeil est mentionnée dans les traités médicaux depuis l'Antiquité. Son caractère étrange et déconcertant a été à l'origine, au cours des âges et à travers les diverses cultures, de nombreuses superstitions et thèmes mythologiques ou fantastiques, dont plusieurs artistes, littérateurs, peintres, sculpteurs, se sont inspirés.
Aspects cliniques
La paralysie du sommeil est une parasomnie associée au sommeil paradoxal. Elle se manifeste lors des transitions entre l'éveil et le sommeil, soit au moment de l'endormissement (état hypnagogique), soit au réveil (état hypnopompique).
La personne est consciente et réveillée mais elle se retrouve partiellement immobilisée. L'épisode de paralysie du sommeil dure entre quelques secondes et quelques minutes ; la personne revient ensuite à son état normal, soit spontanément, soit à la suite d'une stimulation extérieure. L'impossibilité de faire un mouvement, de crier, de prévenir son entourage et, dans certains cas, l'apparition d'hallucinations hypnagogiques ou l'impression d'étouffement font que cette expérience est souvent associée à des sentiments de peur et d'angoisse.
En laboratoire, on observe l'absence de tonus des muscles axiaux et périphériques, de fréquentes petites secousses musculaires ainsi que des mouvements des yeux et des paupières. La respiration est conservée et l'électro-encéphalogramme présente un tracé de veille[
(Le Cauchemar (Füssli, Détroit) le tableau)
Le Cauchemar offre simultanément l'image d'un rêve — en dépeignant l'effet du cauchemar sur la femme — et le rêve en image — en représentant symboliquement la vision du sommeil. Le tableau représente une femme en robe de satin blanc, endormie sur un lit, la tête penchée vers le bas. Elle est dominée par un démon (un incube) qui regarde le spectateur. La dormeuse semble sans vie, renversée dans une position qui paraît encourager les cauchemars. Les couleurs claires et brillantes de cette femme sont en opposition aux rouges foncés, jaunes et ocres du fond. Füssli a employé un effet de clair-obscur pour créer des contrastes forts entre la lumière et l'ombre. L'intérieur est à la mode de l'époque, avec une petite table sur laquelle reposent les débris d'un miroir, une fiole et un livre. La salle est décorée, derrière le lit, de rideaux rouges en velours d'où émerge la tête d'un cheval aux yeux argentés.
« La nuit dernière, je l'ai eue dans mon lit — mes mains chaudes et serrées l'étreignaient — son corps et son âme ensemble ont fusionné avec les miens — j'ai déversé mon esprit, mon souffle et ma force en elle. Quiconque la touche maintenant commet l'adultère et l'inceste ! Elle est mienne, et je suis à elle. Et je l'aurai, j'espère… »
L'amour de Füssli et sa demande en mariage rejetés, Anna avait épousé un ami de la famille peu de temps après. Cette expérience malheureuse a peut-être eu une influence sur Le Cauchemar, possible représentation personnelle de l'amour perdu. L'historien d'art américain H. W. Janson suggère que la femme endormie représente Anna et que le démon serait Füssli lui-même. Au soutien de cette interprétation, il fait état, au dos de la toile, d'un portrait inachevé d'une femme qui pourrait être Anna.
On a vu aussi, dans la peinture de Füssli, une sublimation des instincts sexuels[3]. Certaines interprétations de cette peinture voient dans le démon un symbole de la libido masculine, l'acte sexuel serait évoqué par l'intrusion du cheval à travers le rideau[11]. Füssli lui-même n'a fourni aucun commentaire sur sa peinture.
Certains y voient aussi la représentation d'une paralysie du sommeil, à cause de la présence de l'incube qui oppresse la poitrine de la jeune femme – symptôme récurrent de la paralysie du sommeil, où le dormeur peut avoir l'impression d'étouffer.
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