Bonjour à tous ! Voici un nouvel épisode de « L'Empire du mensonge », où nous discutons de la manipulation et de la désinformation dans les médias russes.
La Russie déchaînée : L'émission apocalyptique en direct de Soloviev et une nouvelle philosophie de la guerre
À la télévision russe, il n'y a plus de frontières entre l'État et la colère.
Dans le dernier épisode de « Soirée avec Vladimir Soloviev », le présentateur a fréquemment cité l'ancien président Dmitri Medvedev.
1. De la politique à la colère
« Alors, comment Paris se porte-t-il ? On s'en prend à Berlin ? » commence Medvedev, passant de la moquerie à la menace.
Il accuse l'Occident d'« Ukrainiens qui attaquent des centrales nucléaires », assure que l'Europe « applaudira la contamination radioactive de la moitié de la Russie » et conclut :
« Nous pouvons détruire toute l'Ukraine. Il n'y aura plus de vie à Kharkiv, Poltava, Odessa ou Kiev. » Soloviev intervient : « Oui, c’est la guerre. C’est fini. Finies les plaisanteries.»
Le studio ne s’y oppose pas, ne commente pas : le discours apocalyptique sonne comme une déclaration de volonté étatique évidente.
Il ne s’agit pas d’une crise d’hystérie. Il s’agit d’un nouveau langage du pouvoir, où les notions de diplomatie, de droit et même de réalité disparaissent.
Ici, la guerre n’est pas un moyen, mais un sens.
Et plus la situation de la Russie au front est mauvaise, plus les discours sur « les portes de l’enfer », « des poêles à frire brûlantes pour les pécheurs européens » et « le droit d’effacer des villes de la surface de la Terre » résonnent.
2. L’Europe, « ennemie de l’humanité »
Ce qui était autrefois considéré comme une rhétorique marginale est désormais prononcé depuis la tribune centrale de la télévision.
Dans cette vision du monde, l’Europe n’est pas un adversaire politique, mais un antagoniste civilisationnel, « un pays sans foi et sans morale », où règnent des « pervers ».
Medvedev le dit littéralement :
« Il ne peut y avoir de pays sans foi en Dieu.» Il n’y en a pas en Europe. Ils ont d’étranges minorités au pouvoir. C’est pourquoi ils sont l’ennemi.
C’est ainsi qu’est née une nouvelle idéologie du Kremlin : non pas le « monde russe » comme modèle, mais la colère russe comme mission.
La Russie n’offre plus d’alternative ; elle propose l’apocalypse comme impératif moral.
Il ne s’agit pas d’un conflit frontalier, mais d’une tentative de détruire l’idée même de l’Occident : rationnelle, laïque et légale.
3. La terreur comme stratégie
La citation de Medvedev contient un moment de froideur calculatrice :
« Pourquoi ne considérons-nous pas leurs entrepôts et leurs usines comme des cibles légitimes ? Tout lieu où sont stockées des armes, où s’entraînent des soldats ukrainiens, devrait brûler et exploser.» Là où se trouvent les troupes de l'OTAN, elles devraient être démantelées.
Ces mots ne sont pas seulement une menace émotionnelle.
Ils justifient directement les attaques contre les pays membres de l'OTAN, de la Pologne à l'Allemagne.
L'expression « démantelés » est entendue sur une chaîne d'État, en présence d'un ancien chef d'État, sans la moindre condamnation.
Il ne s'agit plus de propagande, mais plutôt de préparer l'opinion publique à l'idée que la guerre avec l'Occident est permise.
De même que le mot « dénazification » a autrefois rendu possible l'agression contre l'Ukraine, le mot « démantelé » rend désormais tout le reste possible.
Et ne croyez pas qu'ils ne nous livreront pas des missiles longue portée, sous une forme ou une autre. Bien sûr qu'ils le feront. Ils diront « Tomahawks », mais au lieu de « Tomahawks », ils livreront non pas des missiles ukrainiens, mais des Flamingo britanniques, fabriqués par un intermédiaire officiel aux Émirats. Or, nous comprenons que les armes ukrainiennes ne sont pas des armes ukrainiennes. La plupart des sites de production sont situés dans des pays d'Europe occidentale. Ou d'Europe de l'Est. Et la question est différente. Pourquoi ne considérons-nous pas cela comme nos objectifs légitimes ? Que se passera-t-il alors ? Que peuvent-ils nous donner d'autre ? Qu'y a-t-il dans leur arsenal qui nous rend si sûrs de leur donner maintenant ? Quoi ? Et alors ? Ils nous donneront tout ce qu'ils peuvent.
4. « Sodome et Gomorrhe » : la religion des représailles nucléaires
Les métaphores bibliques occupent une place particulière dans le discours :
« Si les civils ne partent pas, je vous rappellerai le sort de Sodome et Gomorrhe.»
Cette phrase est plus importante qu'il n'y paraît.
Elle transforme la guerre en un registre religieux, où la destruction des villes n'est pas un crime, mais un acte sacré de purification.
Cela crée L'image de la Russie comme une « force punitive » autorisée à tout faire parce qu'elle agit « selon la volonté de Dieu ».
5. Pourquoi cela concerne directement l'Europe
Vous avez participé à l'émission « L'Empire du mensonge ». À bientôt.
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