Si la mythologie explique la création du monde, où est la place des femmes ?
Des déesses, souvent oubliées, ont œuvré avant la domination des monotéïsmes.
53 artistes ont créé une œuvre plastique sur un principe féminin issu de la mythologie de leur choix.
Cette exposition est enrichie de création littéraire sur ces mêmes mythes ou œuvres.
Cette année, la quête du féminin s’est aventurée dans les temps reculés, tentant de démêler dans les mythes, dans l’oralité et les représentations plastiques, quelle place le féminin pouvait occuper à l’origine. L’éloignement de ces déesses ou principes fondateurs dynamisent leur représentation et permet de nous les rendre plus proches. Revoir la mythologie sous un aspect militant est toujours revigorant.
L’association Métamorphoses présente souvent pour le 8 mars une exposition paritaire visant à montrer des femmes remarquables du passé ou du présent.
Carole LEGAULT
La fille de Dibutade
Callirrhoé, la fille du potier Dibutade (ou Butadès), vivait dans la ville de Sicyone, en Grèce. Elle était éprise d’un homme qui partait pour l’étranger. Un soir, à la lueur d’une bougie, elle traça le contour de l’ombre portée de son profil sur l’écran formé par la surface du mur, pour en retenir une trace. La ligne, ainsi dessinée par la main de la jeune femme, ressemblait au modèle masculin et devenait un double artificiel, un souvenir qu’elle conserverait. Elle reliait le chemin symbolique entre leurs deux cœurs épris. Elle conservait un peu de l’être aimé afin d’apaiser son chagrin. Elle tentait de retenir un peu de son Amour et de leur histoire inachevée. Il s’agirait de l’origine de la représentation figurée.
La fille de Dibutade
"Ah! Mon Ami, Mon Amour, Mon Hôte! Tu es partie en Guerre du Péloponnèse, de Troie ou d'ailleurs.
Ces batailles d'hommes n'ont pas de sens pour moi. Je ne garde de toi que ton profil en mémoire, que je peins et dessine à l'infini.
Je m'y plonge pour tenter de retrouver tes yeux, ta bouche, ton souffle... dans l'espoir dérisoire d'un retour de toi.
Les étoiles de mon ventre planent au-dessus de moi dans une danse hypnotique.
J'ai la fièvre et le vertige. Loin de moi la patience de Pénélope.
Je ne suis pas sage d'aimer."
Jean-Paul MABIRE
Didier GAUTIER
La fille de Dibutade
" J'ai réalisé le portrait de cette femme inconnue, que l'histoire n'a pas nommé, fille du potier de Dibutade dans un Noir et blanc assez contrasté. Ambivalente, entre force physique et volonté brisée, elle a la peau lissée, quasi brûlée par la lumière sur son coté gauche alors que l'autre coté est plongé dans l'ombre; Son regard est à la fois dur et songeur évoquant ce doute d’un amour incertain. Une mèche rebelle tombe sur son coté droit, petite coquetterie dans ce portrait figé et posé.
Seul élément de couleur, une collerette percée, de couleur rouge, évoquant le dormeur du val est positionné sous son sein droit…
Elle est en attente, elle est seule, son amant est parti à la Guerre ... Il ne reste de lui qu'un souvenir qui commence à s'étioler avec le temps. Néanmoins le sentiment amoureux est encore bien présent, lui donne la force de rester droite et forte mais le doute commence à s'installer, cette absence la ronge et la détruit à petit feu. A t-elle le droit ? S'autorise-t-elle le droit de vivre pour elle même, pleinement ? Ou est elle condamnée à vivre à moitié, à survivre en attendant le retour hypothétique de son amoureux...
J'ai associé ce portrait à une frise constituée de documents familiaux.
Les parchemins sont des contrats de mariage ou des actes notariés de vente de terres et évoquent les normes juridiques, les règles , l'ordre établi en opposition au sentiment amoureux, au désir ou à la passion qui n'ont besoin d'aucun écrit pour naître, se nourrir, grandir et s'épanouir. Au fil des siècles, les actes se sont transmis de génération en génération mais sont devenus des documents vides de sens, oubliés souvent dans des greniers pendant des dizaines d'années. Le temps les a détruit alors que les plus belles histoires d'amour le traversent et deviennent des légendes toujours vivantes.
Les cartes postales datent du début du 20eme siècle et furent adressées à mes arrières grand parents. Elles évoquent l'Amour ou la guerre , pour certaines elles racontent des histoires sous forme de petites scénettes, pour d'autres ce sont des textes très courts qui s'apparentent à nos SMS d'aujourd'hui. Les cartes étaient les seuls moyens de garder le lien entre des êtres éloignés géographiquement. Avant 1907 le recto de la carte postale n'était pas divisé en 2 avec une partie pour l'adresse et l'autre pour la correspondance. Le choix de celle ci était alors prépondérant, seule l'image avait de l'importance et quelques mots étaient parfois griffonnés au verso ou prés de l'adresse. "
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