Besta Berri, Fête-Dieu à Iholdy / Iholdi le 22/06/2025
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Besta Berri (littéralement « Fête nouvelle ») désigne en basque la fête-Dieu, fête catholique qui célèbre le Saint- Sacrement durant deux dimanches consécutifs (deuxième et troisième) après la Pentecôte. Elle est célébrée dans deux des trois provinces du Pays Basque nord (Labourd et Basse-Navarre).
En 1264, le pape urbain IV fixe la fête du Saint-Sacrement. Mais ce n’est qu’en 1314 que le pape Clément V l’étendit à toute l’église. En Pays Basque, elle se célèbre depuis le début du XIVe siècle.
La jeunesse masculine, habillée pour l’occasion en garde nationale, joue un rôle important à Besta Berri. Aspects militaire et religieux cohabitent donc généralement, mais pas toujours. La procession, qui se déroule le matin (après la messe) ou l’après-midi (après les vêpres), constitue le point central de la célébration religieuse. La danse est également un élément important de la fête profane mais aussi religieuse (danse dans l’église et pendant la procession). Une pluralité d’interprétations accompagne cette fête depuis ses origines. Sa particularité au Pays Basque tient autant à sa permanence qu’à ses caractéristiques.
Tout comme la culture basque s'enracine dans la culture des autres peuples du monde, la symbolique de Besta Berri fait partie d'une symbolique universelle.
La procession de Besta Berri n’est nullement un spectacle folklorique. Elle s’inscrit dans une tradition séculaire dont le seul but est de rendre grâce au seigneur. Elle a lieu uniquement à la sortie de la messe et des vêpres de la fête Dieu. Elle est hiérarchisée, codifiée, empreinte de sens et de symboles qui lui sont propres.
Les Basques dansent. Ils dansent sur les places de leur ville et de leur village mais ils dansent aussi dans leur église, le jour des grandes fêtes catholiques pour rendre hommage à Dieu. L'Espata dantza (danse de l’épée), symbolise le combat entre le bien et le mal, entre la lumière et les ténèbres, l'épée étant le symbole de la lumière.
La procession de Besta Berri se déroule au son d’une musique qui lui est propre. Le rythme est lent. Les danseurs évoluent en faisant six pas en avant puis quatre en arrière, faisant teinter les grelots cousus sur leur costume.
Les couleurs :
Le blanc : couleur de la naissance, de la résurrection, de tous les commencements.
Le bleu : symbole du ciel
Le vert : pour la terre
Le rouge : pour la vie
Le jaune : représente le monde divin, l’éternité.
La garde cérémonielle :
Elle se compose de différents personnages cheminant sous deux files, côte à côte, à la suite de la Croix et de la bannière du Saint-Sacrement.
Oilarrak : les coqs, au nombre de deux, ces danseurs ouvrent la marche. Leur nom est dû à la représentation du gallinacé sur le bâton qu’ils manient. D’un point de vue symbolique, le coq représente le soleil dans la religion catholique. Il est aussi un symbole militaire qui rappelle le blason de la nation française.
Suisa : le Suisse, tout de rouge vêtu.
Alabardariak : les lanciers.
Zapurrak : les sapeurs, reconnaissables à leur tablier magnifiquement brodé de symboles, à la hache, qu’ils portent sur les épaules et à leur coiffe, un haut colback noir sur lequel sont posés des miroirs et des images pieuses.
Makilari : le tambour major. Il donne le rythme aux musiciens et coordonne la musique avec les temps d’arrêts et de pauses.
Les soldats de l’autel : au nombre de quatre, ils ont chacun un fusil à baïonnette et assurent l’escorte du Saint-Sacrement.
Banderak : ils sont deux et portent les « bannières de la musique ».
Les musiciens :
Nous trouverons aussi les soldats, le capitaine, le sergent et les porte-drapeaux.
Du point de vue de la structure rituelle de la fête, de la diversité des éléments, et de la richesse des danses comme des costumes, la Fête-Dieu, Besta Berri, a longtemps constitué la fête la plus prestigieuse.
Sources : Abbé Jean Eliçagaray, fiche patrimoine de l'ICB/EKE
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