Conférence – échange avec Philippe Meirieu
(1) Le plaisir d’apprendre et (2) La pédagogie différenciée.
Dans cette intervention, Philippe Meirieu déconstruit un lieu commun très répandu : « Cet élève échoue parce qu’il n’est pas motivé. »
Il propose au contraire un renversement essentiel : l’absence de motivation est souvent la conséquence de l’échec, et non sa cause. Rien n’est plus démotivant qu’un échec répété. D’où l’urgence de sortir d’une logique déficitariste (réduire un élève à ses manques : “dyslexique”, “faible”, “incapable”) pour identifier ses ressources, ses intérêts, ses points d’appui… et construire des débuts de réussite.
Meirieu insiste ensuite sur une idée clé pour l’école (et particulièrement dans le débat français) :
✅ La motivation n’est pas un préalable à l’enseignement : c’est un objectif de l’enseignement.
Il préfère parler de mobilisation : une dynamique que l’enseignant peut construire, même quand l’élève n’arrive pas “déjà motivé”.
Les 5 pistes pour mobiliser les élèves sur les savoirs
Philippe Meirieu propose cinq grandes stratégies pédagogiques, issues de l’histoire de la pédagogie, pour engager les élèves dans les apprentissages :
Mobiliser par l’usage (l’utilité des savoirs) — avec ses limites dès que les savoirs deviennent plus abstraits.
La pédagogie de projet (un projet collectif dans la durée) — en distinguant toujours la tâche (ce qu’on fait) de l’objectif (ce qu’on apprend).
Les situations-problèmes (apprendre en franchissant un obstacle conçu pour faire apprendre).
Mobiliser par l’histoire / le récit (Bruner, Ricoeur) : raconter comment les connaissances se sont construites pour éveiller curiosité et compréhension.
Relier les savoirs à des enjeux anthropologiques (questions humaines fondamentales) pour donner sens et profondeur.
Plaisir de savoir vs plaisir d’apprendre
Point décisif : Meirieu distingue le plaisir de savoir (la certitude “bon marché” qui ferme la recherche) et le plaisir d’apprendre (le plaisir de chercher, d’enquêter, de confronter, de vérifier).
Dans l’esprit de John Dewey, il défend une pédagogie de l’enquête : apprendre à croiser les sources, comparer les réponses, dépasser la première “réponse internet”, et développer une pensée critique fondée sur l’exigence de précision, de justesse et de vérité.
Pédagogie différenciée : condition de l’excellence
Deuxième temps fort : la différenciation pédagogique. Meirieu rappelle qu’il n’y a pas deux apprenants identiques : stratégies, rythmes, besoins, rapports au savoir…
Il oppose une vision strictement individualisante à une approche plus réaliste : diversifier les méthodes, observer ce qui fonctionne, et aider l’élève à devenir acteur grâce à la métacognition (savoir comment on apprend le mieux).
Il souligne aussi une pratique sous-exploitée : l’entraide entre élèves, au service de la progression et de l’excellence.
🎯 Une intervention précieuse pour celles et ceux qui s’intéressent à l’école française, à la motivation, à la réussite, à la différenciation et au rôle de l’enseignant.
خلية الإعلام و الاتصال المركز الجامعي صالحي أحمد
Centre Universitaire Salhi Ahmed CUN
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📌 Dites en commentaire : dans votre classe, qu’est-ce qui tue le plus la motivation… et qu’est-ce qui la relance ?
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