À l’heure où les métropoles doivent concilier densité, mixité et durabilité, l’architecte-urbaniste Christian de Portzamparc — premier Français lauréat du prix Pritzker et pionnier de l’îlot ouvert — partage sa vision d’une ville en perpétuelle évolution.
Entre héritage historique, flexibilité des usages et mobilité repensée, il dessine les contours d’un urbanisme humain, lumineux et résilient, où la rue retrouve sa place et où les quartiers vivent 24h/24. Une réflexion essentielle pour les acteurs de l’immobilier, de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire.
Verbatims clés et idées forces
1. La ville comme organisme vivant : sédimentation et flexibilité
« La ville est comme un être humain : on ne peut pas prédire exactement comment elle évoluera. On construit sur ce qui existe, en stratifiant les époques. C’est une beauté humaine et sage. »
— Christian de Portzamparc
Fin du "table rase" :
Les villes ne se réinventent pas ex nihilo, mais s’adaptent en intégrant l’existant (ex : réhabilitation de friches, reconversion de bureaux).
Exemple : À Massy (Atlantis), un quartier dense et mixte (logements, bureaux, commerces, cinéma) a été créé autour d’une gare, prouvant que la mobilité génère la vie urbaine.
Flexibilité des espaces :
Les immeubles doivent pouvoir évoluer (ex : transformer des bureaux en logements).
Enjeu : Anticiper les changements démographiques et économiques (ex : familles qui grandissent, télétravail).
2. La mixité urbaine : éviter les quartiers fantômes
« La Défense à 19h, c’est désert. Il faut mélanger les usages pour que les quartiers vivent à toute heure. »
— Christian de Portzamparc
Mixité des fonctions :
Logements + bureaux + commerces + loisirs dans un même quartier (ex : Presqu’île de Grenoble).
Mixité sociale : Un défi politique, car les maires craignent de mécontenter leur électorat.
Exemple réussi :
Quartier Masséna (Paris) : 30 architectes ont collaboré pour créer des îlots ouverts, avec des cours intérieures ensoleillées et des espaces partagés.
3. La mobilité : nerf de la ville de demain
« Le Grand Paris Express, avec ses 70 gares, va transformer la région. Autour de chaque gare, des quartiers denses et vivants vont émerger. »
— Christian de Portzamparc
Transports en commun :
Les gares deviennent des pôles de développement (ex : Massy, Grand Paris Express).
Densité maîtrisée : Construire haut (6-10 étages) pour libérer de l’espace au sol (jardins, places).
Voiture et mobilités douces :
La voiture reste nécessaire, mais les mobilités douces (tramway, vélo, marche) doivent être prioritaires.
Exemple : À Grenoble, une grande avenue piétonne reliera la recherche scientifique (Presqu’île) au centre-ville.
4. L’îlot ouvert : une alternative aux barres et aux tours
« Le Corbusier voulait tuer la rue. Moi, je veux la sauver en faisant entrer la lumière et la vie dans les quartiers. »
— Christian de Portzamparc
Principe :
Conserver les rues et avenues, mais ouvrir les îlots pour éviter l’effet "corridor sombre".
Décaler les bâtiments pour créer des perspectives lumineuses et des espaces verts partagés.
Avantages :
Lumière naturelle dans les cours intérieures.
Diversité architecturale : Éviter la monotonie des barres.
Flexibilité : Permettre des extensions ou des transformations futures.
5. Le zéro artificialisation nette (ZAN) : un défi réaliste ?
« Zéro artificialisation nette, ça fait peur. Il faut trouver un équilibre : densifier sans étouffer, construire sans bétonner. »
— Christian de Portzamparc
Solutions :
Monter en hauteur (10 étages max) pour libérer des espaces verts au sol.
Réutiliser les friches et les parkings (ex : transformer des bureaux vacants en logements).
Combiner densité et nature : Toits végétalisés, coulées vertes, jardins partagés.
Exemple :
Projet pour La Défense : Créer une avenue commerçante au pied des tours pour redonner de la vie au quartier, plutôt qu’un simple parc.
6. La Défense et les quartiers d’affaires : comment les réinventer ?
« La Défense peut devenir un vrai cœur urbain si on y introduit de la mixité, des commerces et des logements. »
— Christian de Portzamparc
Diagnostic :
Quartiers trop minéraux, monofonctionnels (bureaux vides le soir), coupés de la ville.
Télétravail et biophilie remettent en cause le modèle des tours.
Propositions :
Introduire des logements et des commerces en rez-de-chaussée.
Créer des avenues piétonnes (ex : une rue de Rennes au pied des tours).
Mobilité douce : Tramways, pistes cyclables, espaces publics animés.
Exemple : Tours Sisters (La Défense) intègreront un hôtel et un restaurant panoramique pour attirer une population diverse.
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