LES CARTES POSTALES abordent l’un des épisodes de l’histoire coloniale de l’Algérie : les BUREAUX ARABES.
Il s’agissait d’une structure administrative sous un régime militaire, créée en 1844. Comme le souligne l’historien Jacques Frémeaux « Du débarquement de 1830 à l’occupation de la Kabylie sous Napoléon III, les officiers des bureaux arabes furent spécialement chargés de traiter les relations avec le gros des populations indigènes de la province d’Alger. Issus d’un recrutement prestigieux (les polytechniciens représentent 10% de l’effectif total), les officiers se forment sur le tas à des tâches très diverses. Même si le renseignement constitue leur activité première, ils ont autorité en matière de police, de fiscalité, d’enseignement ou d’administration économique. ».
En 1854, les bureaux arabes départementaux d’Alger, Constantine, Oran, sont organisés sous la direction des préfets. Ils se composent d’un chef, d’un adjoint et d’un personnel indigène comprenant un cadi (juge et notaire), spahis et mekhaznis (cavaliers de service). En 1870, il existe une cinquantaine de ces bureaux avec un secrétaire arabe (khodj), un secrétaire français, un interprète, des officiers et souvent un médecin.
Victor Foucher écrit en 1858 : « Les bureaux arabes ne sont et ne peuvent être que des intermédiaires utiles et précieux, puisqu’ils n’ont aucun pouvoir direct, alors que, composés d’hommes versés dans la langue arabe, connaissant les mœurs, les usages des populations placées sous leur direction, ils peuvent mieux que tous les autres agents, tenir l’autorité française au courant des besoins ou des menées de ces populations… » Et il ajoute « Ce fut donc aux agents des bureaux arabes que le gouvernement dut recourir toutes les fois qu’il eut à organiser l’administration des tribus, comme il s’en était servi pour préparer la conquête du territoire par les renseignements qu’ils se procuraient et par les relations qu’ils savaient y créer ».
1870 marqua la fin des grands projets des bureaux arabes. Sous la IIIe République, l'administration de l'Algérie du Nord passa progressivement entre les mains de l'administration civile. En 1922, les tout derniers territoires de commandement militaire de l'Algérie du Nord étaient désormais remis aux fonctionnaires civils.
Pour une vision globale de ce que furent les officiers des bureaux arabes, reprenons la conclusion de Jacques Frémeaux à leur sujet : « Les officiers des Bureaux Arabes furent des hommes de commandement, jeunes et dynamiques, familiers avec le pays, mais leur autorité reposait sur la supériorité de l'armée française ; ils furent parfois des chefs impérieux et rudes, de vrais despotes éclairés, ayant le sentiment de travailler en vue de buts humanitaires et rationnels. De plus ils étaient mutables sans préavis, ce qui était un signe de fragilité ».
Les cartes postales de ce diaporama ne sont pas les seules représentantes de cet épisode de l’histoire de l’Algérie. Y sont mêlées les photographies de chefs arabes, bachaghas, caïd, chaouch… Nous verrons Bou Aziz ben Ganah, le bachagha des Zibans au manteau de pourpre à glands d’or, qui résida à Sidi Okba. Il faisait partie des grandes familles rivales qui se partagèrent l’influence sur les populations du cercle de Biskra : celle des Ben Ganah qui adhéra à la cause française et celle d’Ali Bey.
Bonne visite et à bientôt.
Martine Laurence Poinsot
Информация по комментариям в разработке